« Je cherche à mettre de la beauté dans les objets du quotidien»

Dans la salle rénovée de la Grappe d’Or, les belles tables de merisier de Kris Rabaut seront protégées par les sets de feutre confectionnés par une autre artisane locale : Françoise Lesage. Nous sommes partis à la rencontre de cette passionnée de produits locaux, qui partage amplement la philosophie de Clément et Monia.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre approche du travail de la laine ?

Comme Clément, je suis très portée sur les produits locaux. Ainsi, je n’utilise que la laine provenant de races de moutons locales. Je peux par exemple citer le roux ardennais, qui a failli disparaître mais a été sauvé in extremis, ou encore le mouton luxembourgeois Schwarzkopf, une race très rustique qui entretient les zones naturelles, et le Zwartbles, qui a une toison beaucoup plus sombre. A partir des laines issues de ces différentes races, je fais des mélanges pour obtenir des couleurs différentes, de manière entièrement naturelle.

Au-delà de ces couleurs naturelles, proposez-vous d’autres couleurs de laine ?

Oui et, là encore, je fais appel à des ingrédients locaux et naturels. J’utilise des plantes qui poussent dans ma région – à Mormont – comme le bouleau, le genêt, le châtaigner, le frêne, le cosmos, la bourdaine, etc. Avec ces éléments naturels, je parviens à produire une variété de couleurs très importante pour les laines que j’utilise.

Pratiquez-vous vous-même la tonte des moutons ?

Non, car il s’agit tout de même d’une activité très spécifique, qui demande un savoir-faire particulier. Je me rends toutefois régulièrement au championnat du monde de tonte, en France, où j’essaye d’amener un peu de poésie. L’an dernier, nous avons ainsi tricoté des pulls équipés de leds pour les moutons…

Comment êtes-vous entrée en contact avec Clément et Monia et comment s’est déroulée votre collaboration ?

C’est Kris, l’artisan qui a réalisé les nouvelles tables de la Grappe d’Or, qui m’a renseignée à Clément. J’étais très surpris qu’il fasse appel à moi : on trouve rarement de la laine sur les tables d’un restaurant gastronomique. Mais cela a évidemment été une très agréable surprise… Je pense que Clément et Monia ont eu un coup de cœur pour les échantillons que je leur ai fait parvenir. Je me suis alors rendu sur place pour choisir la bonne couleur de laine et la bonne façon de la travailler pour cet usage. Finalement, nous avons opté pour des sets ronds en feutre très fin, constitués de laine complètement naturelle, dans sa couleur d’origine, à savoir l’écru.

Y avait-il des impératifs à respecter, considérant l’usage qui devait être fait de ces sets ?

Evidemment, les sets sont lavables. Ce n’est pas un problème car, pour produire du feutre, il faut déjà chauffer la laine à très haute température. Cela dit, contrairement à ce que beaucoup de personnes pensent, la laine n’est pas une matière très salissante : si on réagit assez rapidement, même un verre de vin rouge qui se renverserait sur un coussin de laine n’aurait pas le temps de pénétrer dans la matière.

A côté de la laine, vous êtes également céramiste. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette activité ?

La philosophie est la même que celle appliquée à la laine. Je souhaite mettre de la beauté dans les objets du quotidien en utilisant des produits locaux. J’ai commencé à expérimenter la céramique en produisant des carrelages pour la maison que nous avons construite avec mon mari. Aujourd’hui, je produis aussi des luminaires et de la vaisselle. Ce qui me plaît particulièrement dans cette activité, c’est le travail de la couleur et du dessin. J’ai une formation artistique à la base, et c’est donc une chose à laquelle j’ai toujours été attachée.

Françoise Lesage, céramiste-tricoteuse
Place du Monument 4,
6997, Mormont
+32 479 87 55 33
francoizelesage@skynet.be

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