Témoignage : Suzanne Paulus
« Depuis quarante ans, le village de Torgny est de plus en plus beau »
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Suzanne, pardon, « Suzy » est née à Hotton, sur les bords de l'Ourthe, il y a plus de 87 ans. Son mari, Maurice Paulus, était de Barvaux. M. Paulus a fréquenté l'Institut de médecine tropicale à Anvers. Les époux Paulus iront au Congo pendant douze ans. Leurs recherches et soins ont porté sur les maladies du sommeil et des lépreux. Passage au Maroc et retour en Belgique pour s'installer au château de Fréneux. La première agence de paris sur les courses de chevaux est ouverte à Athus. Il y en aura des dizaines d'autres fonctionnant dans le sud de la province, qui vont faire de Maurice Paulus un homme d'affaires éprouvé. Le couple est alors installé à Torgny, d'abord à la « Cour Lassus », ensuite dans l'ancien pensionnat des soeurs de Sainte-Chrétienne, rue Escofiette, face à « L'Empreinte du temps ». Depuis quelle est veuve, Suzy Paulus vit au rythme des jours tranquilles qui passent, gardant un contact aimable avec le personnel de « L'Empreinte du temps » qu'elle fréquente chaque dimanche avec une louable constance et un bel appétit. En quarante années de présence, elle a vu le village de Torgny changer d'aspect et de configuration. Elle a mesuré l'importance grandissante du trafic et des flux touristiques. |
« Aujourd'hui, dit-elle, de magnifiques aménagements ont été réalisés, des trottoirs, des lampadaires magnifiques, des espaces verts. Les bacs à fleurs se sont multipliés. Dommage tout de même le pavage devant le lavoir, l'église, le syndicat d'initiative. Mais c'est vrai, je le reconnais, c'est plus moderne, c'est plus résistant, c'est plus durable dans le temps. Je me rappelle l'allée bordée d'arbres qui montait jusqu'à l'ermitage. Il est très agréable de vivre ici. De plus en plus d'ailleurs. Même s'il n'y a plus ces petits commerces de proximité que l'on regrette. Oui, nous avons participé aux premières foires artisanales de Torgny, mon mari et moi. Maurice s'occupait des frites. Qu'est-ce qu'il s'amusait !
Torgny est un village particulièrement convivial et paisible. Le tourisme n'est pas gênant, nous avons des artisans, des chambres d'hôtes. Ce qui me fait vraiment plaisir, c'est de voir que tous les habitants participent à l'effort général d'embellissement. Vous avez vu comme les rues et les maisons sont bien fleuries. Même le cimetière est abondamment garni. On n'a pas touché au centre du village, on n'a pas construit, sinon en périphérie. De nouvelles familles sont venues s'installer à Torgny. Il y a des enfants et le village se rajeunit. Non, je ne manque de rien, je suis aidée par des voisins merveilleux. Je ne regrette vraiment qu'une chose : qu'il n'y ait plus d'école. Et je me console en me rappelant qu'il y a eu des générations de filles et de femmes qui sont passées devant chez moi pour fréquenter leur école de la rue des Jardins devenue rue de l'Escofiette. Ma vie, c'est ici, parce que c'est joli, c'est Torgny !




