« Des pêches et des abricots en Meuse »

Depuis de longtemps, Jean-Claude Feite fournit toute l’année des fruits et légumes locaux à la Grappe d’Or. Fondateur de l’ASBL Les Grosses Légumes aujourd'hui disparue, il continue de fédérer de nombreux petits producteurs locaux pour proposer leurs produits chaque semaine sur le marché de Florenville. Il passera bientôt le relais à Laurent Tona. Sur les coteaux de la Meuse, celui-ci produit asperges, pommes, poires et même pêches et abricots !

Les Grosses Légumes n’existent plus, mais vous proposez toujours des fruits et légumes locaux de grande qualité aux amateurs… et notamment à la Grappe d’Or. Comment tout cela s’organise-t-il ?

J-C.F. : J’ai travaillé durant de longues années avec de nombreux producteurs de la région. J’ai donc gardé contacts avec beaucoup d'entre eux. Il y a 6 ans, nous avons commencé à les proposer sur le marché de Florenville. Notre objectif est de fournir toute l’année des fruits et légumes locaux de grande qualité, qu’ils soient produits en Belgique ou en France. Notre important réseau nous permet d’avoir quelque chose à proposer toute l’année. Nous nous arrêtons seulement un mois, entre mars et avril, car il n’y a plus beaucoup de fruits et légumes à ce moment de l’année. 

Au final, combien de produits proposez-vous au consommateur ?

J-C.F. : On compte une trentaine ou une quarantaine de produits très variés, des fruits et légumes en passant par les lentilles, les épices, les vinaigres et sirops, le pain, les jus, etc. Avec ma femme, nous pensons toutefois à ralentir un peu le rythme prochainement. Laurent devrait reprendre les rênes, en proposant ses produits mais aussi ceux de nos autres producteurs.

L.T. : Je m’y prépare tout doucement (rires) ! Jean-Claude et son épouse ont fait un gros travail depuis toutes ces années pour permettre aux petits producteurs de vivre de leur production. Il faut vraiment le souligner. Je vais essayer de prendre correctement la relève…

Justement, Laurent, vous vous distinguez par une production qui sort de l’ordinaire : asperges mais aussi pêches et abricots… Comment parvenez à produire ces fruits en Lorraine ?

L.T. : Il y a différents facteurs qui entrent en ligne de compte pour parvenir à éviter le gel, qui est notre véritable ennemi. Tout d’abord, les vergers sont implantés sur les coteaux de la Meuse, où la chaleur à tendance à rester un peu plus présente. Ensuite, je mène un important travail de sélection de variétés résistantes, fleurissant au bon moment, etc. A côté des fruits que vous citez, je produis aussi des tomates et des melons de pleine terre et plein vent, qui ne sont a priori pas à leur place en bord de Meuse. Mais à force de travail, on parvient à produire des fruits de qualité. Je propose aussi des agrumes qui me sont fournis par un ami qui travaille au pied de l’Etna, en Sicile… 

Comment travaillez-vous pour offrir cette qualité, ce goût ?  

L.T. : Nous n’avons pas demandé la certification bio, car c’est devenu une justification pour proposer des fruits et légumes plus chers au consommateur. Et je ne suis pas trop d’accord avec ça. Nous faisons toutefois au moins aussi bien que ce que cette certification demande : nous n’utilisons pas d’engrais mais du fumier composté, nous ne désherbons pas, et je fais analyser mes produits par un institut spécialisé pour être certain qu’ils ne contiennent aucune molécule nocive. De toute façon, je vois bien que mes ruchers se portent à merveille, sans pertes d’abeilles, que des oiseaux sensibles comme les martins-pêcheurs sont présents sur notre site de production, etc. Ce sont des signes qui ne trompent pas.

Un des enjeux quand on veut pouvoir fournir des fruits et légumes toute l’année est de garantir leur conservation. Comment vous y prenez-vous ?

L.T. : Je pratique la cueillette à la main. Cela permet d’éviter les petits coups qui diminuent fortement la conservation des fruits. Et puis, je sélectionne aussi les variétés qui gardent un peu d’acidité à maturité : des fruits trop sucrés se conservent moins bien. Enfin, pour proposer des fruits et légumes toute l’années, j’ai aussi varié au maximum ma production, notamment en introduisant, il y environ 15 ans, la culture des asperges. Disponibles à la fin du mois d’avril, elles me permettent de garantir une rentrée financière à une période qui est un peu creuse pour la production des fruits. 

Retrouvez Jean-Claude et Laurent tous les mercredis matin à Florenville, en face de la boutique « Ma part des Anges », 32 rue des Généraux Cuvelier.

Des pêches et des abricots en Meuse

Retour