« Nous faisons partie des trois ou quatre plus vieilles fermes bio de Belgique »

La Ferme de Rosière, à Houdrigny, travaille en bio depuis 1978. Cela en fait l’une des plus anciennes exploitations travaillant de cette façon en Belgique. Aujourd’hui, André Kettel et sa fille Charlotte transforment les porcs, bœufs et veaux élevés à la ferme en une série de produits finis prisés par les gourmets, sans utiliser le moindre produit de synthèse (nitrites, phosphate, etc.). André Kettel évoque pour nous sa démarche et sa collaboration avec Clément Petitjean.

Rappelez-nous l’origine de la Ferme de Rosière ?

Notre ferme était au départ une exploitation normale, gérée par mes parents. En 1978, ils ont décidé de passer au bio. A l’époque, ils devaient faire partie des trois ou quatre fermes de ce genre dans le pays. Ils ont donc mis beaucoup de choses en place.

Quand avez-vous repris le flambeau, et comment avez-vous développé l’exploitation ?

J’ai repris la ferme en 1990, en continuant à appliquer la même philosophie. Au départ, on ne produisait que du lait, puis nous avons développé une structure pour l’élevage porcin et bovin. En 2016, nous avons racheté des locaux dans le centre du village pour y installer un atelier de transformation. Nous y préparons, exclusivement à partir des bœufs, veaux et porcs que nous élevons, des produits transformés tels qu’on peut les trouver en boucherie. Tous ces produits sont également certifiés bio et écoulés à travers un circuit-court.

Quelles races avez-vous privilégiées pour votre élevage ?

En ce qui concerne le porc, nous travaillons avec la race Duroc, qui présente de très bonnes qualités gustatives. Quant au bœuf et au veau, nous avons choisi d’élever de la Blonde d’Aquitaine.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre démarche ?

Notre optique, c’est de rester toujours focalisés sur la recherche de qualité. L’alimentation de nos animaux ne contient que des produits naturels. Et il en va de même pour la confection des produits finis : nous n’utilisons aucun produit de synthèse, ni nitrites, ni phosphate. En outre, nos porcs, comme nos vaches, sont élevés en plein air.

On entend souvent dire qu’il n’est pas possible de produire de la charcuterie sans ces éléments de synthèse. Qu’est-ce que vous répondez à ceux qui affirment ce genre de choses ?

C’est tout à fait possible de travailler comme ça. La preuve, nous le faisons ! La seule chose que je ne fais pas encore, c’est du jambon cuit. Les gens doivent d’abord se rendre compte que le jambon sera gris et pas rose si nous n’y mettons pas de nitrites. Il y a un travail d’éducation à faire. Mais je compte bien produire du jambon cuit bientôt. Le problème, c’est qu’il est plus simple de travailler avec des produits de synthèse. Au-delà de l’aspect qui est, pour l’instant, mieux accepté par le consommateur, on peut facilement augmenter le poids d’un jambon de manière artificielle en utilisant nitrites et autre phosphate. Cela représente donc un manque à gagner pour certains producteurs qui ne savent pas comment faire autrement…

Comment avez-vous commencé à travailler avec Clément ?

Nous avons été en contact lors d’une émission « Les Ambassadeurs » diffusée par la RTBF, à laquelle nous participions tous les deux. Et puis, mon ex-femme a été un moment en stage à La Grappe d’Or, ce qui a facilité notre rencontre. Clément a goûté nos produits et les a aimés. Je crois qu’il cherchait de la viande au goût différent, élevée de façon entièrement naturelle, et qui soit issue d’un élevage proche de chez lui. C’est difficile de faire mieux : nous sommes à environ 10 minutes de Torgny.

Voir vos produits servis sur une table comme celle de la Grappe d’Or, qu’est-ce que cela représente pour vous ?

C’est évidemment un plus et cela nous procure un sentiment de fierté. Il faut savoir que travailler comme nous le faisons, cela représente beaucoup d’efforts et de démarches compliquées. Le fait que Clément choisisse de travailler nos produits, c’est une forme de reconnaissance. Même si ce n’est pas vraiment le cas pour nous, qui travaillons de cette manière depuis longtemps, cela peut aussi permettre aux personnes qui ont l’impression d’être un peu marginalisées parce qu’elles travaillent différemment de se sentir mieux intégrées.

Plus d'informations 

La ferme de Rosière

Rue de la Source, 119 - 6769 Houdrigny

Tel +32 471 88 13 91

info@lafermederosiere.be

La Ferme de Rosière sur Facebook

 

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